Fraude et Exploitation

La fraude

Pourquoi les aînés sont-ils plus à risque?

Nous savons que la fraude est un crime dont sont victimes majoritairement des aînés. En effet, plus de 50% des victimes de télémarketing frauduleux sont âgées de 60 ans et plus (source : CCNTA). Afin de mieux se protéger, il est important de savoir pourquoi les aînés sont davantage visés par l’exploitation financière.

Des cibles vulnérables:

Premièrement, les escrocs cherchent des cibles vulnérables et c’est souvent le cas des aînés. Beaucoup vivent avec un revenu fixe et peuvent être davantage attirés par des propositions qui semblent profitables.

De l'argent chez soi:

Aussi, les personnes âgées ont la réputation d’avoir facilement accès à d’importantes sommes d’argent. Les fraudeurs savent que les retraités sont souvent à la maison pour répondre au téléphone ou à la porte. Ensuite, ils sont présents pendant les heures d’ouverture des banques, contrairement aux travailleurs.

Trop polis et trop confiants:

D’un autre côté, les criminels abusent de la gentillesse des aînés. Étant eux-mêmes honnêtes, la plupart des aînés ont tendance à faire confiance aux autres. La politesse fait partie de leurs valeurs et certains peuvent trouver très difficile de couper la conversation téléphonique même s’ils ne sont pas intéressés. Pourtant, il n’est pas impoli de raccrocher au nez de quelqu’un qui ne semble pas digne de confiance. De plus, les escrocs savent que la majorité des donateurs à des organismes de charité sont des personnes âgées. Dans ce contexte, les aînés sont plus enclins à faire des dons à des gens qui font de la sollicitation criminelle en pensant qu’il s’agit d’une bonne cause.

Un vécu isolé:

Enfin, l’isolement social que vivent plusieurs aînés est également en cause. Le fait de vivre seul et de ne pas avoir facilement recours aux conseils d’un proche peut amener la personne à prendre une mauvaise décision et à se faire prendre par des fraudeurs.

Peu enclins à demander conseil:

Par ailleurs, certains aînés bien entourés ont tout de même de la difficulté à demander conseil à propos de questions financières. Pour certains, c’est dû aux tabous liés à l’argent, tandis que d’autres ont peur de démontrer de l’incertitude et de perdre le contrôle de leurs affaires. De plus, plusieurs aînés victimes de fraudes ont honte d’admettre qu’ils se sont fait avoir, ce qui explique le faible taux de dénonciation.

Soyons alertes et vigilants:

En terminant, rappelons que les outils principaux des fraudeurs sont la dissimulation, la persuasion et les déclarations trompeuses. Nous pouvons contrer les escrocs qui visent les aînés en nous tenant informés et alertes. Aussi, si vous connaissez quelqu’un victime de fraude ou que vous l’êtes vous-même, il est important de le signaler aux autorités afin d’éviter que d’autres aînés soient la cible d’un escroc.

Émilie Leblond, chargée du projet Échec à la fraude envers les aînés

Résultats d’une étude sur la fraude

Être au courant des faits:

Connaître le phénomène de la fraude envers les aînés dans notre région, tel était l’objectif de la première phase du projet Échec à la fraude envers les aînés. Pour ce faire, nous avons engagé la firme de sondages Objectif, qui a mené en septembre 2006 une étude auprès de 308 personnes de 50 ans et plus résidant dans la Haute-Yamaska. Les répondants ont été rejoints par téléphone du 5 au 11 septembre 2006 et le taux de réponse a été de 71.7%. La marge d’erreur maximale de ce sondage est de 5.6% avec un niveau de confiance de 19 fois sur 20.

Les aînés, victimes d'abus:

Voici les principaux résultats de ce sondage portant sur les abus financiers. Il s’avère que 56,4% des aînés ont été victimes d’au moins une fraude, ont eu le sentiment de l’être ou ont réussi à déjouer les fraudeurs au cours des cinq dernières années. Aussi, le sondage nous apprend que 42,3% des aînés ont été personnellement victimes d’au moins une fraude.

Types de fraude:

Notre sondage portait sur différents types de fraude. La plus fréquente est le vol d’argent liquide qui a affecté 19,9% des aînés. Aussi 10,4% des répondants ont payé pour des appels téléphoniques qu’ils n’avaient pas effectués, ce qui constitue la deuxième fraude la plus fréquente dans la région. La troisième fraude en importance correspond au don à un organisme de charité non existant ou à un solliciteur non autorisé.

Profil de la victime de fraude:

Les résultats de cette étude nous ont permis d’établir le profil type d’une victime de fraude. Il s’agit d’une personne âgée entre 50 et 59 ans, qui travaille, qui est beaucoup sollicitée par téléphone, qui a accès à Internet à partir de la maison et qui donne son numéro de carte de crédit par téléphone ou par Internet. Mais il est nécessaire de rappeler que tout le monde est susceptible d’être victime d’abus financier et qu’il faut rester sur ses gardes. Souvent, les gens qui ont été victimes une fois d’une fraude se font frauder à nouveau par la suite. D’ailleurs, le sondage démontre que les personnes ayant été personnellement victimes d’une fraude sont beaucoup plus vulnérables aux abus financiers généralement effectués par des proches.

La participation aux concours:

Il faut savoir que les solliciteurs téléphoniques ne ciblent pas les personnes très âgées, à la retraite et moins nanties. Par contre, les gens qui participent aux différents concours avec bulletin de participation sont sollicités davantage par téléphone et par les colporteurs.

Les abus par les proches:

Enfin, cette étude a également tenté d’évaluer les abus financiers généralement effectués par des proches. La compilation des résultats démontre que 18,2% des personnes de 50 ans et plus de la région de la Haute-Yamaska ont été victimes, au moins une fois, d’abus financiers généralement effectués par des proches. Les deux plus importants abus relatés sont le prêt ou le don d’argent et le soutien financier d’une personne autre que le conjoint. Il apparaît important de préciser qu’il est parfois difficile de faire la différence entre abus et générosité. Il s’agit d’un abus dès que la personne subit une pression quelconque ou qu’elle n’est pas en plein possession de ses capacités pour prendre une décision éclairée.

Sondage dans les résidences:

Sachant que ce sondage ne rejoindrait pas tous les aînés de la région, nous en avons effectué un semblable dans quelques résidences privées pour personnes âgées et associations d’aînés de la région. Bien qu’il n’ait pas de valeurs scientifiques, ce sondage maison nous a permis de comparer les résultats et surtout de rejoindre davantage de gens. En effet, nous espérons que le fait de remplir un sondage sur les abus financiers a permis aux aînés de mieux connaître les différents types de fraude et ainsi accroître leur prudence.

Les résultats:

Pour l’instant, plus de 250 personnes de 50 ans et plus ont été rencontrées. Ce sondage maison a révélé que 14.8% des répondants se sont fait voler de l’argent liquide, tandis que 12.8% des gens ont affirmé avoir payé pour des appels téléphoniques non effectués. De plus, 8.2% des aînés ont acheté un produit ou un service inutile parce que le vendeur avait fait preuve de beaucoup trop d’insistance.
Du côté des abus financiers généralement commis par des proches, 9.7% des aînés interrogés ont déjà subi de la pression pour donner un de leurs chèques ou de l’argent à quelqu’un. Enfin, 6.6% des gens ont affirmé qu’ils soutiennent financièrement une personne autre que leur conjoint.

Un problème régional:

Il apparaît clair que la problématique de la fraude dans la région Haute-Yamaska est inquiétante. Les résultats de l’enquête téléphonique ont prouvé que près d’une personne de 50 ans et plus sur deux s’est fait frauder. Ajoutons que plus de la moitié des répondants ont fait face à une situation frauduleuse, certains ont déjoué le fraudeur, d’autres non.

Rôle de l'AQDR:

Face à ces résultats, nous croyons qu’il est important que l’AQDR poursuive ses actions afin d’informer la population des façons de se protéger des fraudeurs. C’est pourquoi nous espérons entreprendre bientôt la deuxième phase de notre projet Échec à la fraude envers les aînés, qui consistera à la mise en place d’un plan d’action pour lutter contre ce phénomène.

Émilie Leblond, agente de projet

Le sondage a été réalisé par la Maison Objectif de St-Jean et le résultat
a été présenté en conférence de presse par M. Alain Laplante

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